Un ordinateur de bureau occupe une tour de 40 cm, consomme 300 W et se refroidit à grand renfort de ventilateurs. Ton téléphone tient dans une poche, tient une journée sur une batterie de 15 g, et prend des photos que le PC mettrait plusieurs secondes à calculer.
Pourtant, à l'intérieur, ce sont les mêmes ingrédients : un processeur, de la mémoire, une puce graphique, des contrôleurs. Alors qu'est-ce qui a changé ?
Et si tout tenir sur une seule puce est si avantageux, pourquoi les PC ne le font-ils pas ? Que perd-on au passage ?
Le cours de 1ère NSI sur l'architecture de Von Neumann (unité de commande, unité arithmétique et logique, mémoire, bus) est le point de départ de ce chapitre.
Le chapitre 10 sur la gestion des processus est également utile : un SoC est le matériel sur lequel l'ordonnanceur distribue les quantums de temps.
Dans les années 1950, un ordinateur remplissait une pièce entière. Chaque bit était manipulé par un composant physique distinct — tube à vide, puis transistor — soudé à la main, relié aux autres par des kilomètres de fil.
Trois inventions ont tout changé :
Depuis, le nombre de transistors que l'on sait graver sur une puce a doublé environ tous les deux ans : c'est la loi de Moore. Ce n'est pas une loi physique, mais une observation de Gordon Moore (1965) qui s'est vérifiée pendant un demi-siècle... et qui ralentit aujourd'hui, car on s'approche de la taille des atomes.
| Année | Puce | Nombre de transistors |
|---|---|---|
| 1971 | Intel 4004 | 2 300 |
| 1985 | Intel 80386 | 275 000 |
| 2000 | Pentium 4 | 42 000 000 |
| 2023 | Apple A17 Pro (SoC d'iPhone) | 19 000 000 000 |
Un A17 Pro contient donc environ 8 millions de fois plus de transistors qu'un 4004, sur une surface d'environ 1 cm².
À faire dans le cahier.
Rechercher les définitions suivantes et les écrire :
Un système sur puce (SoC, System on Chip) est un circuit intégré qui rassemble sur un unique morceau de silicium l'essentiel des composants d'un ordinateur : processeur, processeur graphique, mémoires rapides, contrôleurs de périphériques et interfaces de communication, reliés par un bus interne.
La différence avec une carte mère n'est pas la liste des composants — elle est presque la même — mais leur distance et leur mode de fabrication : ils ne sont pas assemblés, ils sont gravés ensemble, en même temps.
Et en vrai, à quoi ressemblent ces deux objets ?
Un SoC moderne n'est pas « un processeur avec des options ». C'est une équipe de processeurs spécialisés qui se partagent le travail, chacun étant très efficace pour une tâche et incapable de faire les autres.
Survole (ou touche) un bloc du schéma : son rôle s'affiche en dessous.
Survole un bloc du schéma pour afficher son rôle. Remarque déjà deux choses : le bus relie tout le monde, et trois composants restent obstinément à l'extérieur de la puce.
Un SoC n'est pas « mieux » qu'une carte mère : c'est un compromis, gagnant sur certains critères, perdant sur d'autres.
| ✅ Avantages | ❌ Inconvénients |
|---|---|
| Taille : un ordinateur complet sur ≈ 1 cm². C'est ce qui rend possibles le téléphone, la montre, le drone, l'implant médical. | Aucune évolutivité : la RAM est soudée, le CPU est gravé. On ne peut rien ajouter ni remplacer — seulement racheter l'appareil entier. |
| Consommation : les signaux parcourent des millimètres au lieu de centimètres. Comme l'énergie dépensée croît avec la longueur des pistes, l'autonomie explose. | Réparation quasi impossible : un seul bloc défaillant condamne toute la puce, donc souvent tout l'appareil. C'est un facteur majeur de déchets électroniques. |
| Vitesse : moins de distance, c'est moins de cycles d'attente. Et la mémoire unifiée évite au CPU, au GPU et au NPU de se recopier les données. | Chaleur concentrée : toute la puissance est dissipée sur 1 cm², sans gros ventilateur. D'où le throttling : le SoC réduit lui-même sa fréquence quand il chauffe. |
| Blocs spécialisés : un circuit câblé pour une seule tâche (ISP, NPU, décodeur vidéo) fait le travail du CPU pour une fraction de l'énergie. | Coût de conception colossal : concevoir et graver un SoC de pointe coûte des centaines de millions d'euros. Ce n'est rentable qu'à des dizaines de millions d'exemplaires. |
| Coût unitaire et fiabilité : une puce à poser au lieu de vingt. Moins de soudures et de connecteurs, donc moins de pannes, et une bien meilleure tenue aux vibrations. | Rigidité : une erreur de conception matérielle ne se corrige pas après fabrication. Au mieux, on la contourne par logiciel — souvent au prix de performances. |
| Un seul fournisseur à intégrer : moins de compatibilités à vérifier, un appareil plus vite conçu. | Dépendance industrielle : très peu d'usines dans le monde savent graver les finesses les plus fines. Une pénurie ou une crise géopolitique bloque des industries entières. |
C'est pourquoi les deux mondes coexistent : le SoC gagne dès que l'énergie et la place sont contraintes ; la carte mère modulaire reste imbattable quand on veut choisir, faire évoluer et réparer.
À faire dans le cahier.
On donne trois puces réelles :
| Puce | Transistors | Surface | Cœurs CPU | Consommation |
|---|---|---|---|---|
| Intel 4004 (1971) | 2 300 | 12 mm² | 1 cœur à 740 kHz | ≈ 0,5 W |
| ESP32 (2016) | non communiqué | ≈ 25 mm² | 2 cœurs à 240 MHz | ≈ 0,2 W |
| Apple A17 Pro (2023) | 19 milliards | ≈ 103 mm² | 6 cœurs jusqu'à 3,8 GHz (2 rapides + 4 économes) |
≈ 8 W au maximum |
À faire dans le cahier.
Tu noteras dans ton cahier les questions et les bonnes réponses associées.